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"Le Far West, c'est le Far West "- Nouvelle inédite de Robert E. Howard, (1922)

Article de Patrice Louinet
Posté le ven. 11 oct. 2013 à 01H13 (Edité par Patrice Louinet le ven. 11 oct. 2013 à 10H05)
En septembre 1922, Robert E. Howard, âgé de 16 ans, quitte Cross Plains pour Brownwood, où il va vivre jusqu'au printemps 1923 avec sa mère. A cette époque, en effet, l'école de Cross Plains s'arrête à l'équivalent de la classe de première, et le jeune Howard fait donc sa dernière année de lycée dans cette ville.

Il y rencontre un certain Truett Vinson, qui devait devenir un de ses meilleurs amis. Vinson lui présente les gens du Tattler, la revue du lycée. Brownwood Bulletin 22-12-1922

Le 22 décembre 1922, le journal local, le Brownwood Bulletin, annonce que Howard a deux textes dans le dernier numéro du Tattler, et qu'il se destine à devenir journaliste. Certes. Cela ne devait pas durer bien longtemps...

Ces deux textes, "West is West" et "'Golden Hope' Christmas" (The Tattler, 22 décembre 1922) obtinrent, respectivement, la médaille de bronze et la médaille d'or. Il s'agissait là des deux premières nouvelles de Howard paraissant en magazine. Deux nouvelles qui étaient en fait des versions retravaillées de travaux scolaires (qui ont survécu!)

Ami lecteur, voici donc en exclusivité l'un des deux tous premiers textes parus de Howard, "West is West", dans sa première apparition en langue française. La nouvelle n'est pas grandiose évidemment, mais elle a son petit pesant de cacahouètes historiques...

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LE FAR WEST, C’EST LE FAR WEST
Par Robert E. Howard.
(Traduit par Patrice Louinet)


– Trouvez-moi un bronco, priai-je le contremaître du ranch où je passais mes vacances, car il me plairait grandement de m’aventurer dans les collines à la recherche de ces bovins qui s’évertuent à ne point être retrouvés. Choisissez-le paisible et obéissant car vous n’êtes pas sans ignorer que je ne suis nullement rompu à l’exercice de la selle. Par conséquent, un animal paisible me siérait, et si la bête était âgée, je ne m’en plaindrais point.
Le contremaître me regarda longuement, l’air songeur.
– J’crois que j’ai justement le canasson qu’il vous faut. Hé, Alkali ! Amène donc Tornade !
– Non, non ! me hâtai-je d’intervenir. Il s’agit là à n’en pas douter d’une authentique tornade et il est hors de question pour moi de chevaucher pareil animal.
– Mais pas du tout, répondit le contremaître ; c’est par dérision qu’on le surnomme comme ça ! Il est fainéant comme un pied-tendre et aussi doux qu’un agneau.
Alkali fit sortir le cheval. Utah Jack, l’adjoint du contremaître, « Two-Gun » Ghallihan et les autres membres de ce petit groupe peu recommandable suivirent. La bête était un isabelle de petite taille, à l’air assoupi et inoffensif, ne montrant guère de vitalité. Il somnolait sur place et s’endormit complètement tandis que je le sellais.
La selle était particulièrement élaborée, avec un double sanglage et un arçon imposant. Juste avant que je me hisse sur l’animal, le contremaître enroula un lasso autour de celle-ci. Puis, d’un geste tout solennel, il me passa une ceinture d’où pendait un holster duquel dépassait un Colt .44.40 Single Action.
– Pour les serpents à sonnettes, offrit-il en guise d’explication, tout aussi solennellement.
Je me mis en selle. Mon noble destrier était toujours immobile et à moitié endormi. Je l’invitai à faire un pas en avant. Pas un mouvement. Je l’effleurai délicatement du bout des éperons. Il tourna la tête et me considéra d’un air étrange. Indigné, j’enfonçai brutalement les éperons et houspillai la bête.
Et là, j’obtins des résultats ! Je crus tout d’abord qu’un cyclone s’était abattu sur moi, mais ce n’était en l’occurrence que le résultat des facéties de mon fringant destrier. Il rua. Plongea. Bondit. Se cabra. Volta. Se dressa sur ses jambes arrière et entama un pas de danse. Se mit en appui sur celles de devant et fit des cabrioles. Il sauta, sabots parallèles au sol, tournant sur lui-même à une vitesse telle que j’en eus le vertige. Il sauta dans les airs et redescendit en heurtant le sol avec une telle force qu’il m’en secoua la cervelle. C’était comme s’il altérait le paysage entier à lui tout seul.
Comment parvins-je à rester en selle ? Je n’y étais pour rien : je voulais descendre de là avec autant d’empressement que lui voulait m’éjecter. J’avais l’impression que tous mes os étaient réduits en miettes. Je pouvais à peine entendre les cris d’allégresse des cowboys. Et pourtant, je restai en selle. Lorsque ma monture lancée à toute allure passa sous une branche d’arbre, juste au-dessus du pommeau de la selle, je tins bon. Pas la branche. Je restai en équilibre même lorsque ma caracolante monture se roula à terre en dépit de mes cris de protestation. Elle se redressa d’un coup et se lançait tout juste dans quelque nouvelle facétie lorsque quelque chose craqua. Les deux lanières de la lourde selle avaient cédé au même instant. Je décrivis une parabole dans les airs avant de heurter le sol tête la première à une vingtaine de mètres de là. La selle atterrit sur moi. Mon ex-monture se lança dans un hymne de triomphe moqueur, entama la danse du scalp au-dessus de ma silhouette immobile et partit enfin au galop, disparaissant rapidement à l’horizon.
– Le Général Jackson a vaincu les Indiens ! opina le contremaître tandis qu’il m’aidait à me relever. Je n’avais jamais vu quelqu’un aussi doué sur une selle. En fait, personne dans ce ranch n’aurait pu rester aussi longtemps sur Tornade.
Repoussant sa main tendue, je me redressai et dégainai l’arme qu’il m’avait donnée un peu plus tôt.
– Pour les serpents à sonnettes, hein ? haletai-je.
S’il ne s’était pas enfui à ce moment-là et que je ne l’avais pas loupé et que l’arme n’avait pas été chargée à blanc de toute façon, je l’aurais perforé sur place.
Mais ce que je ne lui avais pas dit, c’était que mon ceinturon d’arme s’était retrouvé passé au-dessus de l’arçon de ma selle et pris dans le lasso. Il m’avait tout simplement été impossible de me dégager tant que la selle était en place.


 
Réponse postée le ven. 11 oct. 2013 à 10H47 (Editée par arruziel le ven. 11 oct. 2013 à HH54) #146
arruziel Membre Avatar arruziel

Pas si mal pour un premier texte et drôle aussi. Très intéressant même à cet âge il avait déjà un style énergique et réaliste.
Très dans la veine des textes de ces séries comiques avec des marins boxeurs et des cow boys batailleurs et grandes gueules qu'il écrira plus tard.

By This Axe I Rule (King Kull). Robert E. Howard

Réponse postée le lun. 19 mai 2014 à 00H55 #1347
Ossian Membre Avatar Ossian

J'ai beaucoup apprécié ce texte, placé sous le signe de l'humour.
On peut constater qu'à seulement 16 ans, il avait déjà un sacré sens du récit.

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