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Critique de "Echos de Cimmérie" chez l?Oeil du Sphinx

Article de Asavar
Posté le ven. 27 juin 2014 à 14H08
Couverture Echos de CimmérieSi on vous demande de citer la référence biographique sur Howard en France, un titre vous viendra immédiatement en tête : « Echo de Cimmerie ». Et vous aurez bien raison. Paru en 2007 chez l’Oeil du Sphinx, éditeur connu pour ses écrits assez pointus dans les domaines qu’il aborde et ayant déjà publié quelques ouvrage sur Lovecraft, cet ouvrage dirigé par Fabrice Tortey sera le livre de chevet de tous les amateurs de l’auteur Texan.
Même s’il est certain que le livre n’attirera pas tout le monde du fait de son prix somme toute assez élevé et par le fait que l’on peut aimer un auteur sans pour autant avoir envie d’en savoir plus sur sa vie et ses influences, il serait dommage de passer à côté de cet ouvrage d’autant que c’est le seul, avec « Les Nombreuses vies de Conan » aux Moutons Electriques, à être toujours disponible en français.

Mais au final, que contient-il cet ouvrage ?

Hé bien tout simplement tout ce que recherche un lecteur avide de connaître le parcours atypique de Robert Howard durant sa (trop) courte carrière. Si vous avez apprécié les postfaces de Patrice Louinet dans les livres parus chez Bragelonne, alors ce titre est fait pour vous. Nous trouverons dans une première partie la vie de l’auteur.
Une bonne biographie commençant toujours quelques années avant la naissance de la personne dont on parle, nous découvrirons comment sa famille en est venue à s’installer au Texas dans les années 1870 et comment ses parents en vinrent à se rencontrer. Nous aurons l’occasion pour nous de replonger dans la jeunesse de Robert Ervin Howard et les différentes villes où il vécut, allant et venant au gré des déplacements de son père. Nous trouverons ainsi moult détails sur qui était l’homme derrière l’écrivain et son quotidien. Nous y découvrirons quels furent ses relations avec ses parents, les personnes de son entourage et ses problèmes qu’il rencontra tout au long de sa vie d’écrivain.

Nous serons gratifiés de quelques fragments de textes et poèmes avant d’attaquer la seconde partie qui regroupe plusieurs essais écrits pas les meilleurs spécialistes de l’auteur :

La fête est finie de Don Herron : Ce texte partant d’une anecdote de Herron nous montre de manière succincte comment Howard, avec Lovecraft, Hammett et Chandler ont modifiés et américanisés les genres dans lesquels ils sont connus et reconnus aujourd’hui. Cela permet d’avoir une bonne entrée en matière pour aborder les autres écrits qui entrerons plus en détails sur tel ou tel aspect de l’œuvre de Howard.

Le sens du récit chez Robert Ervin Howard par Simon Sanahujas : A travers l’analyse de la nouvelle « La Nuit du Loup » que nous avions pu lire dans le recueil Bran Mak Morn, Simon Sanahujas, auteur du livre « Les Nombreuses vies de Conan », nous explique l’efficacité de la plume de Howard à désigner les éléments important d’un récit (ou ? qui ? comment ? pourquoi ? quand ?) grâce à sa fluidité. Son analyse est intéressante mais il vaudra mieux avoir lu la nouvelle car Sanahujas n’hésite pas à nous dévoiler les différents éléments de l’intrigue pour asseoir son propos.
Il s’attarde ensuite sur ses principales influences qui lui ont fait découvrir la poésie et les contes oraux, formes très présentes dans chacun des textes de Howard.

Bob Howard ou le pouvoir du regard intérieur par Argentium Thri’ile : Dans cette partie, nous pouvons voir que l’un des aspects qui fait la force de Howard, c’est l’efficacité. Alors que certains auteurs s’attardent dans d’interminables descriptions, Howard nous distille les informations que nous avons besoin de connaître grâce à la sonorité des lieux et/ou des noms des personnages, par leurs surnoms et par quelques éléments de décors. Argentium Thri’ile est complètement dans le vrai en annonçant que : « L’effort – si l’on peut réellement employer ce terme – que demande la lecture d’un texte de Howard n’est pas de la visualisation mais de l’imagination. ». Ce qui permet aux lecteurs de tous les horizons de pouvoir lire l’auteur car il décrit un monde à la fois précis et générique.

Robert E. Howard, pionnier de la littérature par Donald Sidney-Fryer : Partant des cinq auteurs ayant marqués les pages de Weird Tales (à savoir Henry St-Clair Whitehead, Howard Philips Lovecraft, Clark Ashton Smith, Robert Ervin Howard et Ray Bradbury), Sidney-Fryer nous parle des deux auteurs de ce groupe qu’étaient Ashton Smith et Howard. Il nous parle de l’importance de la prose chez ces deux auteurs et comment ils furent influencés par Edgar Allan Poe.

Kull, Bran Mak Morn, Conan : Les rois de la nuit par Patrice Louinet : L’amour pour les Pictes et les Celtes est quelque chose de très marqué chez Howard. L’essai présent nous le démontre très bien à travers ces trois personnages emblématiques liés, d’une part par la part de légendes celtiques présentes, et d'autre part par leur manière de régner sur un peuple. Nous découvrirons comment les mythes celtiques sont présents dans l’œuvre sans forcément que l’on y prête attention au premier coup d’œil. De manière subtile quand il s’agit de la fin du cycle de Kull ainsi qu'avec celui de Conan ou en premier plan avec celui de Bran Mak Morn. Il parle aussi du lien qui unit historiquement les trois cycles et qui m’avait personnellement totalement échappé.

Kings of the Night : Une allégorie Shakespearienne ? Par Pierre Favier : L’auteur de cet essai nous démontre, à travers la nouvelle « Les Rois de la Nuit », nouvelle écrite en 1930 et mettant en scène Kull et Bran Mak Morn, comment les thèmes vu chez Shakespeare se retrouve chez Howard de par la construction proche d’une pièce de théâtre. Nous verrons grâce aux détails mis en avant que l’auteur britannique est bien plus présent dans l’œuvre Howardienne que de simples citations dans les nouvelles de Solomon Kane et de Conan.

Le Phénix sur l’épée et autres fulgurances, une lecture spirituelle du cycle Hyborien de Robert E. Howard par Rodolphe Massé : Dur choix que celui-ci tant la lecture de Howard peut se faire sur plusieurs plans différents selon le lecteur. L’auteur lui-même prévient le lecteur du fait que les arguments qu’il avance sont le résultat d’une analyse personnelle. Après avoir comparé l’œuvre de Howard à celle de Tolkien, l’autre grand nom de la Fantasy, et montré ainsi pourquoi son analyse est bien plus complexe que celle de son homologue britannique de par sa nature, l’auteur nous montre quelles symboliques se dégagent de certaines nouvelles de Conan. Un pari risqué mais qui nous permettra de nous apporter une autre lecture desdites nouvelles.

Solomon Kane par Patrice Allart : Analyse des plus intéressantes sur l’un des premiers personnages publié par Howard. Plus qu’un essai sur Solomon Kane, nous trouvons ici l’histoire et l’évolution de ce personnage à travers les différentes nouvelles (semblable au travail effectué par Sammon sur Conan dans le livre « Conan : le livre d’un phénomène » mais en moins développé de par sa longueur plus courte). Travail dans lequel il évoque aussi ses apparitions dans les comics et la possibilité d’un film (le livre étant sorti en 2007, nous n’avions pas eu droit à cette horreur qu’est le film de Bassett).

Solomon Kane et le racisme : Une étude en noir et blanc par Olivier Legrand : Voilà un autre sujet délicat à aborder tant les mœurs du « politiquement correct » ont évoluées en quatre-vingt ans. Pourtant, Olivier Legrand y arrive en replaçant les nouvelles de Solomon Kane dans leur contexte historique mais en allant plus loin par la démonstration de comment l’image du « blanc colonisateur » qui peut apparaître dans la nouvelle « Solomon Kane » (ou « Ombre Rouge » selon la traduction) évolue en quelque chose de bien plus complexe au fil du temps.

« Des rites impies de sadisme et de sang » le réveil de l’archaïque chez Howard, Lovecraft et Vere Shortt par Michel Meurger : Comparatif entre la nouvelle « La pierre noire » (publiée dans le recueil « Les Ombres de Canaan) de Howard, « L’appel de Cthulhu » de Lovecraft et « Le bâton du serpent » de Shortt ou l’on retrouve des rites très similaires. Il est un peu dommage que Meurger nous raconte toute l’histoire de « Le bâton du serpent ». L’auteur replace les trois nouvelles dans le contexte de parution en nous apprenant, entre autre, que ces nouvelles sont loin d’être des cas isolées pour les auteurs de l’époque.

Face à Cthulhu : le « club des aventuriers » de R. E. Howard par Patrice Allart : Le « club des aventuriers » est un cycle officieux de sept nouvelles écrites par Howard (« Les enfants de la nuit », « Celui qui hantait la bague », « Ne me creusez pas de tombe », « La maison parmi les chênes », « Les habitants des tombes », « Les souterrains de l’horreur » et « Le dieu de jade ») car on retrouve à travers elles des personnages récurrents. Patrice Allart nous montre comment, alors que la première nouvelle (« Les enfants de la nuit ») est très marquée par le cycle de Cthulhu, les nouvelles vont au fur et à mesure s’en éloigner pour devenir quelque chose de plus proche de l’auteur.
Bien qu’il n’en parle pas dans cet essai, on peut y voir un écho de la relation Howard/Lovecraft passant de celui d’un disciple à son modèle à celui de deux égaux.

Jacques Bergier, ou l’homme qui découvrit aussi Robert E. Howard par Joseph Altairac : Un article assez intéressant retraçant comment Jacques Bergier, après avoir apporté Lovecraft et Tolkien en France grâce à ses contacts, a fait paraître en 1965 « Le Phénix sur l’épée » dans le numéro 24 de la revue Planète qu’il codirigeait. Nous y apprenons les débuts de Howard en France avec les coquilles qui allèrent avec.

Une nouvelle fois, nous irons de découvertes en découvertes et nous aurons le plaisir de mieux comprendre la création de ces personnages emblématiques qui ont fait sa renommée. Nous aurons aussi d’autres pistes pour pouvoir aborder l’œuvre de Howard par un biais différent de celui du simple divertissement.
Nous aurons aussi droit à une interview de François Truchaud qui a permis de démocratiser Howard via les éditions NéO. On pourra découvrir comment il a découvert Conan et Howard et le travail qu’il a fait ensuite pour qu’on puisse le publier en France.
Ajouté à cela de nombreuses photos de Howard au cours de sa vie et de certains lieux importants qu’il a fréquentés (notamment la fabrique de glace), des illustrations de Druillet ou encore de Nicollet qui était chargés d’illustrer les livres de Howard à l’époque où il était publié chez NéO ainsi que - cerise sur le gâteau - une bibliographie des ouvrages traitant de l’auteur et de ses œuvres en langue anglaise (non exhaustive aujourd'hui vu que l’ouvrage est paru en 2007) et vous aurez de quoi vous régaler durant des heures.

Voilà donc un ouvrage indispensable à la bibliothèque de tout amateur de Howard.

Titre : Echos de Cimmerie
Auteur : Collectif sous la direction de Fabrice Tortey
Editeur : Ĺ’il du Sphinx
Prix : 35€40
ISBN : 9782914405515


 
Réponse postée le ven. 27 juin 2014 à 14H46 #1697
Patrice Louinet Administrateur Avatar Patrice Louinet

Un ouvrage indispensable, contenant ce qui constitue Ă  mes yeux et Ă  ce jour, la meilleure bio de Howard, tous pays confondus, sous la plume Ă©rudite de Fabrice.

Réponse postée le ven. 27 juin 2014 à 18H40 (Editée par arruziel le ven. 27 juin 2014 à HH41) #1700
arruziel Membre Avatar arruziel

Un excellent ouvrage que je possède évidemment dans ma collection.

By This Axe I Rule (King Kull). Robert E. Howard

Réponse postée le ven. 27 juin 2014 à 20H53 #1703
Pallantides Administrateur Avatar Pallantides

Merci pour ce post essentiel Avasar, comme tu le résumes parfaitement : un ouvrage indispensable à la bibliothèque de tout amateur de Howard.

"À douze ans, grogna FitzGeoffrey, j'étais livré à moi-même, [...]. J'étais vêtu de peaux de loup, pesais non loin de quatre-vingt-dix kilos et j'avais déjà tué trois hommes". - Robert E. Howard, Les Faucons d'Outremer, 1931

Réponse postée le ven. 27 juin 2014 à 22H45 (Editée par Asavar le ven. 27 juin 2014 à HH46) #1706
Asavar Membre Avatar Asavar

Après avoir reçu les avis d'Argentium et de Patrice en MP, je vais aller plus en profondeur dans ma critique pour vous apporter une meilleure analyse en espérant que cela vous plaira :-D

"Men shall die for this"

Réponse postée le dim. 29 juin 2014 à 17H24 #1720
Asavar Membre Avatar Asavar

Ça y est, j'ai modifié la critique, j'attends vos avis :-D

"Men shall die for this"

Réponse postée le lun. 30 juin 2014 à 00H18 #1722
Argentium Thri'ile Webmaster Avatar Argentium Thri'ile

Banco ! :-)

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