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"Halte! Qui va là?" - Nouvel inédit de REH!

Article de Patrice Louinet
Posté le dim. 19 avril 2015 à 18H22 (Edité par Patrice Louinet le lun. 20 avril 2015 à 00H35)

Oui, le temps a passé vite, mais nous reprenons à présent notre rythme de croisière. Voici donc le troisième et dernier épisode mettant en scène Hawkshaw le détective, déjà mis en vedette dans "Lâchez-moi, Gredin!" et "Aha! Ou le Mystère du Collier de la Reine".
Si on pouvait vaguement comprendre l'intrigue des deux premiers, il n'en va pas de même pour celui-là, qui donne dans le non-sens le plus total, et est aujourd'hui très daté dans ses références. Ce n'est pas du grand Howard, mais c'est du texte de jeunesse et c'est inédit en France. Le texte parut dans The Yellow Jacket, dans le numéro du 24 septembre 1924. Enjoy!

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Halte ! Qui va lĂ  ?
Un récit de mystère
Par Robert E. Howard


Prologue

Un soleil brûlant dans un ciel d’un bleu éclatant plombait de sa chaleur brûlante une étendue de sable brûlante plombée par la chaleur de plomb du désert.
On ne voyait rien d’autre que des dunes, et pourtant – aha ! – émergea de derrière une de ces dunes une longue caravane de chameaux, avançant lentement sur l’ancienne piste du désert, plus ancienne encore que la mémoire de l’homme. Oh oui, si ancienne, qu’il se dit même qu’elle existait déjà avant que William Jennings Bryan se lance dans la course électorale.
Le chef touareg regarda autour de lui, son visage séduisant fendu par un rictus. Il contempla les dunes avec dédain. Il se sentait supérieur à celles-ci. La caravane s’immobilisa peu après aux abords d’une ville antique, à moitié enfouie sous les sables du désert. Elle était presque en ruine. Une ville très ancienne, abandonnée depuis avant les jours où le Congrès avait commencé à débattre de la question de l’immigration, c’est dire.
Le Touareg se laissa descendre de son chameau et entra dans sa tente. Une esclave lui offrit une faîne de hêtre de sa réserve personnelle. Il gratifia la jeune femme d’un coup de pied doublé d’une remarque acerbe.
Il s’assit sur un coûteux divan de Boukhara et eut cette pensée profonde :
– Saperlipopette.

Chapitre 1
Ah-ah !

– Un million de dollars, répéta doucement le Colonel.
– Exactement, mon cher colonel, rétorqua Hawkshaw, le grand détective, sur un ton guilleret.
– Mais les détails de l’affaire ?
– Les voici : le gardien de nuit de la banque Stacksuhkale de Londres a été assommé et un million de dollars en timbres d’obligation d’état de 25 cents, un million de Livres Sterling et une boîte de cigares de prix ont disparu.
– Le bandit ! s’exclama le Colonel sur un ton outragé. Au prix où sont les cigares !
– Comment allez-vous vous y prendre pour retrouver le coupable ? demanda le Colonel.
– De la façon suivante, répondit Hawkshaw. Opérons tout d’abord par déduction. Disons, par exemple, que trois personnes auraient pu dévaliser la banque : vous, moi, et le khédive d’Égypte. Or, il est impossible que vous soyez le coupable puisqu’au moment du vol, vous jouiiez au jeu de puces avec le duc de Buckingham.
– Exact, mais comment le savez-vous ? confirma le Colonel.
– Mon cher Colonel, répondit Hawkshaw. J’ai vu les miettes sur votre haut-de-forme. Quant à moi-même, je ne puis être coupable puisque je me trouvais dans un théâtre de Drury Lane. Je me souviens même presque distinctivement de la pièce. Elle s’appelait « Le Brocanteur de Venise » et était l’œuvre d’un certain Shake-bière, ou un nom de ce genre, un type originaire d’Algérie.
» Si nous examinons le cas du khédive d’Égypte, il ne peut être à l’origine du vol puisqu’il était en pleine lune de sucre, je veux dire lune de mélasse, avec sa 999999999999999999ème femme, occupés à chasser les lions de la finance, les éléphants de la politique, les zèbres et d’autres grands fauves de ce genre dans les territoires sauvages de Schenectady, près de New York. Et puisque vous, le Khédive et moi-même sommes hors de causes, voyez-vous ce que cela nous dit sur l’affaire ?
– Non, répondit le Colonel.
– Cela nous dit que le vol a été commis par quelqu’un d’autre ! s’exclama Hawkshaw, sur un ton théâtral.
– Effectivement ! s’émerveilla le Colonel. Ah ah ! Superbe !
– Je vais donc, reprit le Colonel, me rendre dans la rue et arrêter toux ceux que je vais croiser. Et à chacun, je poserai la question qui suit : « Avez-vous, oui ou non, dévalisé la banque Stacksuhkale ? » et je me laisserai guider par leurs réponses.

Chapitre 2
L’Anarchiste

– Malédictions ! s’emporta Alexichsky Grooglegoofileluidoncunvifcoudpieddanslderrièreitchsky.
– Malédictions ! s’emporta-t-il une nouvelle fois, plus emporté encore. L’Angleterre va succomber ou mon nom n’est pas A’sky Majlimp ! (donnant ainsi la prononciation correcte d’Alexichsky etc.).
L’anarchiste, avec grande dextérité, plaça une bombe dans le sous-sol d’une école de fille.
– Là, siffla-t-il. Ceci sera une défaite pour les maudits burgwassol !
Il s’éloigna de plusieurs pâtés de maison avant de jeter un coup d’œil irrité dans la poche de son manteau.
– Dix milliards de jurons, s’emporta-t-il. J’ai oublié d’allumer la mèche !
Il traversa Londres à pied et parvint dans une demeure princière situé dans un quartier pauvre, demeure qui se trouvait être le club privé des anarchistes des taudis de Londres. Il se plaça devant la porte et toqua sur le vieux heurtoir.
– Mot de passe ! tonna une voix de l’intérieur.
– « Le salaire du crime est un manoir sur Riverside Drive », répondit l’anarchiste. La porte s’ouvrit et il entra. Dans la grande salle étaient réunis plusieurs membres du club des Anarchistes, plongés dans des passe-temps d’anarchistes, tels boire des ginger-ale, jouer aux billes (pour de vrai), se laisser pousser les moustaches et maudire la bourgeoisie.
Se sentant d’une humeur intrépide, Alexichsky dépensa cinq cents pour se payer un ginger-ale et proposa de parier trois cents sur les prochains jeux olympiques, peu importait qui. L’un des membres du club, Schleu Von Shtoof, tint alors ces propos :
– De quoi ? commença-t-il éloquemment. Mais où fa la Nation quand on foit le prix de l’aissance, je veux tire de l’essence, qui a chuste encore pris zwei centimes ? Et pourquoi tous ces gross fainéants d’Irlandais touvent un jop, alors que des hommes blancs comme moi, non ? Chai rencontré un Irlandais dans la rue, et che lui ai dit : « Hors de ma vue, gross fainéant ! » Et regardez l’œil au Beurre noir qu’il m’a fait. On dit que les Irlandais saffent se battre. Bah ! Ca me fatigue. Quand Gretchen s’est mariée, cet ifrogne de O’Hooligan est fenu et a essayé de déclencher une bakarre. Moi, mon cousin Abie, Ludvif, Hans et quatre ou cinq autres, on a presque réussi à éjecter cet Irlandais hors de la maisson ! Che n’irai chamais en Irlande.
Les anarchistes applaudirent puis Alexichsky proposa un toast : « A bas tout et n’importe quoi ! Longue vie à Lendine et Lopesky, et hourra pour la Russie ! »

Chapitre 3
Roule Britannia !

Tout en arpentant Piccadilly Circus, Alexichsky jetait des coups d’œils de temps à autre, espérant apercevoir une banque à dévaliser.
Alors qu’il débouchait sur une autre rue, deux individus l’accostèrent. L’un était grand et maigre, l’autre trapus.
– Aha, fit Hackshaw, car c’était lui. Il m’est avis que ce Russe au visage de cannibale a une vraie tête de coupable d’un criminel de première classe.
Le détective immobilisa Alexichsky.
– Un moment, l’ami. Ne bouge pas, le temps que j’examine ta face patibulaire et te pose une question ou trois, voire quatre.
– Que voulez-vous ? demanda Alexichsky, arborant un rictus rapidement choisi parmi son impressionnant stock de sourires moqueurs, de mines narquoises, de regards torves, de joie impies, de gloussements et de coups d’œil assassins.
– Avez-vous dévalisé la banque Stacksukhale ? demanda Hawkshaw.
– Non, répondit Alexichsky.
– Saperlipopette, dit le Colonel. Me voilà encore fait.
– Une minute, intervint Hawkshaw. Mon ami de Russie, vous êtes en état d’arrestation.
Le Russe fut saisi par les policiers et des enquĂŞteurs de Scotland Yard.
– Roule Britannia ! s’exclama Mr. Hawkshaw, et un triomphe de plus pour Scotland Yard !
Il s’adressa ensuite à Alexichsky :
– Je savais que vous mentiez, car vous avez arqué un sourcil et fait gigoter vos orteils quand vous avez déclaré ne pas avoir dévalisé la banque. De plus, vous avez éveillé mes soupçons lorsque vous avez demandé aux inspecteurs de Scotland Yard s’ils avaient trouvé un nécessaire à cambriolage à l’intérieur de la banque. Vous avez dit qu’il s’agissait du vôtre et vous avez demandé de le faire livrer au Club des Anarchistes si jamais ils le retrouvaient. Je me suis chargé moi-même de ramener tout ce matériel, déguisé en contre-amiral de la marine suisse. Puis, lorsque j’ai vu le million de dollars en billets et en bonds dans la poche de votre veste intérieure, j’ai pris un risque calculé et je vous ai arrêté.
– Malédictions, s’emporta Alexichsky.
– Voici comment vous vous y êtes pris pour dévaliser la banque, dit Hawkshaw : vous êtes venus déguisé en roi des îles des mers du Sud. Vous avez escaladé l’échelle à incendie et vous êtes laissé glisser le long d’une des colonnes de marbre à l’entrée de la banque. Puis, ayant pris un moulage de cire du trou de la serrure, vous avez reproduit la clef en vous servant d’un cigare de Düsseldorf, Allemagne, pour le moulage. Vous êtes entré et avez dévalisé la banque. C’est bien cela ?
– Non : le gardien de nuit avait laissé la porte ouverte. Je suis monté en haut des marches et je suis entré, répondit le Russe.

Épilogue

L’Eskimo progressait à grand peine dans la neige. D’un coup de pied, il écarta l’iceberg qui barrait sa route. Atteignant son igloo, il déharnacha son équipage de baleines de traineau, et entra.
La neige recouvrait la région d’une couche épaisse de plusieurs mètres. Ça et là, de gigantesques icebergs se dressaient vers les cieux.
Car c’était au milieu de l’été dans la partie nord de l’Alaska.


 
Réponse postée le lun. 20 avril 2015 à 19H50 #2969
Hyarion Membre Avatar Hyarion

Effectivement, lĂ , on est dans le nonsense complet ! ;-D

Merci pour le partage.

Amicalement,

Hyarion.

“Civilized men are more discourteous than savages because they know they can be impolite without having their skulls split, as a general thing.”

— The Tower of the Elephant, 1933

Réponse postée le mar. 21 avril 2015 à 18H32 #2972
Argentium Thri'ile Webmaster Avatar Argentium Thri'ile

Ce que je trouve amusant quelque part à la lecture de ce texte en regard des précédents avec le même personnage, c'est qu'on retrouve - à mon sens - la même caractéristique que beaucoup d'autres personnage qu'il a créé : il s'en est lassé !

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