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"Lâchez-moi, Gredin!" - Notre troisième inédit de REH!

Article de Patrice Louinet
Posté le mer. 27 nov. 2013 à 02H47 (Edité par Patrice Louinet le jeu. 25 déc. 2014 à 15H22)
Après les deux premiers textes de Howard parus en magazine (respectivement ici et là), nous poursuivons donc avec un troisième texte paru dans The Tattler, dans le numéro du 01 mars 1923. Ce texte humoristique met en scène – brièvement – le personnage de Hawkshaw le Détective1, d’après une bande dessinée dominicale publiée jusqu’au début des années 20. Le détective en question, dégingandé, étant accompagné de son acolyte trapu, dit le Colonel2. Les lecteurs de l’époque ne pouvaient pas manquer de reconnaître les références de cette série oubliée depuis longtemps...
C'est évidemment inédit en France. Bonne lecture!

« Lâchez-moi, gredin ! »
(Une histoire d’amour)

– Soyez mienne, mon amour ! implora le jeune Reginald Adjernon Lancelot Montmorency à l’adresse de la splendide Gwinivere de Fricaflots, délicieuse et très talentueuse héritière, fille du vieux Fricaflots, le multimillionnaire.
– Hélas, soupira-t-elle. Cela m’est impossible. Mon père ne vous aime pas. Pas plus tard qu’aujourd’hui il a fait quelques remarques à votre sujet dans une langue qui devait être du Chinois car je n’en comprenais pas un mot. Et il y a aussi le duc de Patatras du Monténégro. Il me fait la cour et père l’apprécie car il sait jouer aux dames.
– Je vais éliminer ce bandit de la partie, s’enflamma Reginald dans un grand cri. Je vais le provoquer en duel !
– Non, non, le supplia Gwinivere, collée à la cravate de son soupirant. Ne faites pas cela ! Je vous en supplie !
– Très bien, mon amour ! répondit Reggie, avec un grand soulagement. Je savais que vous répondriez cela, sinon je n’aurais jamais... Enfin, je veux dire que c’est une bonne chose pour le duc que mon amour pour vous m’empêche d’aller à l’encontre de vos ordres. Je ne le contraindrai pas à se battre en duel.
Il resta silencieux plusieurs minutes, avant de reprendre.
– Mais qu’allons-nous faire ?
Elle mâchouilla un chewing-gum pendant quelques secondes, l’air pensif.
– Pourquoi ne pas demander à mon père ? suggéra-t-elle.
– Je vais le faire ! s’exclama-t-il. Dans l’heure qui vient ! Je serai magistral ! Je lui dirai: « Monsieur, je suis votre nouveau gendre. Il n’y a plus à discuter à présent ! »
– Mais ne lui faites pas de mal, Reggie ! l’implora-t-elle. Souvenez vous : il s’agit de mon père.
– Je ne le toucherai pas, promit-il magnanimement. Je le calmerai du simple pouvoir de mon œil.
Il sortit de la pièce à grandes enjambées. Comme il se dirigeait vers le bureau du vieux Fricaflots, il répéta le discours qu’il allait lui tenir.
– Je vais lui dire : « Monsieur, je vais épouser votre fille. Du calme, Monsieur ! J’ai pris ma décision et ce n’est pas un beau-père croulant et affligé par la goutte qui va m’en empêcher. Je veux que vous compreniez qu’à partir de maintenant, c’est moi le maître de cette maison. Vous pouvez donc me faire un chèque de dix mille dollars pour notre lune de miel. » S’il refuse et me répond de façon impudente, je risque bien d’oublier qu’il s’agit de mon futur beau-père, et le malmener quelque peu.
Il était à présent devant le bureau. Il s’immobilisa devant la porte. Il jeta un coup d’œil autour de lui et repéra plusieurs coussins disposés sur des chaises et des canapés. Il les plaça devant la porte. Il lui fallut plusieurs tentatives avant de rassembler son courage et il frappa timidement à la porte. Une voix grave et rauque lui répondit de l’autre côté.
– Entrez !
Réginald poussa la porte et entra précautionneusement. Le vieux Fricaflots lui décocha un regard furieux.
– Oh, c’est vous, hein ? Que d….. voulez-vous?
– Voyons, répondit Reginald, Je, euh, enfin, mais ma fille, euh, la vôtre, ce que je veux dire, c’est que je, enfin elle, euh, non, vous.
– Sans doute, commenta sèchement le vieux Fricaflots, avez-vous autre chose à me dire ?
– Monsieur, s’exclama dignement Reginald, vous avez une fille... de sexe féminin.
– Remarquable, s’exclama le vieil homme.
– Ainsi que je l’ai dit, reprit Reginald, ignorant l’interruption, vous avez une fille.
– J’en ai plusieurs, fut la réponse, ainsi que sept sœurs qui sont toutes vieilles filles. Je vous les présenterai, si vous le souhaitez.
Reginald frissonna.
– Je s-sssuis v-vvvvenu v-vvous de-demander la mmm, la mmhhh de votre f-fffille.
– La quoi ? rugit le vieux Fricaflots.
– La main ! haleta Reginald.
Le vieux Fricaflots se redressa.
– Vous ne préférez pas mon pied à la place ?
Reggie détala à toute vitesse. Alors qu’il approchait de la porte, quelque chose s’écrasa dans son dos avec une force qui le souleva du sol et le propulsa à toute vitesse à travers la porte qui fut ouverte à cet instant précis par un gentleman bien habillé portant monocle et moustache. Reggie heurta ce gentleman, et tous deux roulèrent dans le couloir jusqu’à ce que le mur d’en face arrête leur roulé-boulé.
– Sapristi ! s’exclama le duc de Patatras (car il s’agissait de lui), bondissant sur ses pieds. Caramba ! Par le diable ! Tamale! Pointes d’asperges! Je vous tuerai pour ça !
A cet instant précis, le vieux Fricaflots sortit en trombe de sa chambre.
– Jeune gredin ! hurla-t-il à l’adresse de Reggie. Vous croyez que vous pouvez assommer mes hôtes comme ça ?
Reggie gravit les escaliers en courant. A peine parvenu sur la marche du haut, il sentit la même force que celle qui l’avait éloigné de Fricaflots, et s’envola gracieusement vers le bas des escaliers.
– Quoi ? hurla le vieux Fricaflots. Vous êtes encore là? Hors de ma demeure! Quant à vous, ma chère, poursuivit-il en s’adressant à sa fille, vous épouserez le duc ce jour-même !
– Mais père, protesta Guinivere.
– La ferme ! hurla le vieux Fricaflots sans ménagement. Tu veux donc que je te fouette ?
Le duc la saisit par le poignet.
– Aha, ma fière beauté, s’exclama-t-il diaboliquement. Tu es à ma merci, enfin !
– Lâchez-moi, gredin ! s’écria-t-elle.
A cet instant, la porte s’ouvrit d’un coup et deux hommes se précipitèrent à l’intérieur. L’un était dégingandé, l’autre trapu. Ils se précipitèrent sur le duc, le plaquèrent au sol et lui passèrent les menottes.
– Aha ! s’exclama le plus grand des deux hommes. Un duc, à présent, hein ?
– Que signifie, monsieur ? demanda le vieux Fricaflots.
– Cet homme est un escroc déguisé, répondit le grand homme. J’ai traversé la moitié du monde pour le retrouver. Vous avez devant vous, continua-t-il en arrachant la moustache et le monocle du soi-disant duc, Booze Bill, le clochard du Bowery ! L’un des plus astucieux filous qui soient.
– Malédiction ! siffla le duc. Un millier de malédictions. Oh oui, mille cinq cents malédictions !
– Quant à vous, monsieur, poursuivit l’étranger, s’adressant au vieux Fricaflots, votre fille veut épouser ce jeune homme, et aussi que vous lui donniez votre consentement et un chèque de dix mille Livres Sterling. Faites-moi également un chèque du même montant, en gage de gratitude pour avoir empêché votre fille d’épouser un gredin. Si vous ne le faites pas, je vous enverrai en prison pour deux mille ans. J’avais autrefois l’habitude de boire des bières au salon de Dinty Moore, du temps où vous y étiez barman, et plus d’une fois vous avez oublié de me rendre toute ma monnaie. (Puis, s’adressant à son comparse trapu :) Conduisez le prisonnier à l’extérieur et appelez un taxi, Colonel. Je vous suis dans quelques instants.
– Mais qui êtes-vous ? demanda le vieux Fricaflots, tandis qu’il saisissait son chéquier et que Reggie et Gwinivere en profitaient pour se jeter dans les bras l’un de l’autre. Qui êtes-vous ?
– Moi ? répondit l’étranger avec un sourire. Je suis Hackshaw, le détective.

1

Note d'Argentium Thri'ile : précisons que le terme "Hawkshaw" vient de l'argot américain et tire son origine du nom du personnage d'une pièce du dramaturge anglais Tom Taylor. Le terme désignait, justement, un détective.

2

Note d'Argentium Thri'ile : à l'origine, l'auteur de la Bande-Dessinée en question, Gus Mager, avait nommé ses personnages 'Sherlocko the Monk' et 'Watso'. C'est à la suite des menaces de procès émanant de Sir Arthur Conan Doyle que les noms ont été modifiés. Et, pour la petite histoire, Sherlocko the Monk était lui-même basé sur une série précédente du même auteur, qui mettait en scène quatres frères : Groucho, Harpo, Chicko et Gummo.


 
Réponse postée le ven. 07 mars 2014 à 16H11 #1036
Le Vidéophage Membre Avatar Le Vidéophage

Euh... Ça a sans doute été évoqué ailleurs, mais qu'en est-il du "vrai" troisième inédit ? Hein ?! Parce que bon, on promet, on promet... C'est facile de promettre ! Moi j'aime bien ces petits textes de jeunesse qui, au même titre que la correspondance, nous permettent de mieux cerner la personnalité et le chemin parcouru par leur auteur...
Le tout sans vouloir te commander, mon cher Patrice, cela va de soi !

« C'est en forgeant qu'on devient vachement fatigué » proverbe aquilonien

Réponse postée le lun. 10 mars 2014 à 23H13 #1056
Argentium Thri'ile Webmaster Avatar Argentium Thri'ile

Hein ? Moi pas comprendre ce que toi vouloir dire, Vid'...

Premier inédit : Le Far West c'est le Far West
Deuxième inédit : L'Espoir doré de Noël
Troisième inédit : celui-ci même.

Après, il y a peut-être une subtilité sur le fait que tu mets des guillemets à vrais inédits mais, autant que je sache, ces trois textes sont réellement inédits en français.

Quoi qu'il en soit, c'est vrai que ces textes sont vraiment savoureux et que Patrice devrait en proposer d'autres ! :-P

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