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Traduction d'un texte de CA Smith

Sujet posté le dim. 08 avril 2018 à 15H02 (Edité par SeventhSon le dim. 08 avril 2018 à HH10) #4741
SeventhSon Membre Avatar SeventhSon

Si vous voulez tester, une de mes premières traductions des nouvelles de Smith :

http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=27835.msg440717#msg440717

J'estime rendre le style poétique et incantatoire de l'auteur (si quelqu'un ne voit pas la différence, c'est un manque d'habitude car elle est là).

J'ai pu vérifier ce que je disais : on peut largement rendre le style de Smith en étant largement fidèle au sens.

D'ailleurs, ça me fait rire qu'on ait prétendu qu'on allait se concentrer sur le sens (ce n'est pas moi qui l'invente, un traducteur disait lui-même qu'ils allaient s'éloigner de l'aspect incantatoire). Alors qu'à tout le moins, les deux derniers traducteurs prennent d'énormes libertés, et font un peu ce qu'ils veulent. Il faudrait peut-être savoir ce qu'on fait non? De pures infidélités qui n'apportent rien d'ailleurs : il y a une différence entre contrariée et triste, extraordinaire/tumultueux, peuples jamais répertoriés/disparus, maudite solitude/profonde solitude, lits de mer/mers épuisées, etc etc. Quand ça ne vire pas au n'importe quoi. Que veut dire ce "j'ai convolé avec d'adorables basilics"? Dans le même genre, elle ne pleure pas parce que ça fait une demi-lune qu'elle n'a pas eu d'amant, ce qui serait ridicule mais deux semaines. Surtout pour des textes censés être poétiques, c'est un brouillon pas possible, je continuerai à répondre que ça ne ressemble en rien à une traduction de Smith.

 
Réponse postée le lun. 09 avril 2018 à 02H01 #4746
Argentium Thri'ile Webmaster Avatar Argentium Thri'ile

Pour ceux qui n'auraient pas suivi, l'initiative de SeventhSon fait suite au débat consécutif à cette Actualité.

Je me suis préparé un petit document avec un tableau mettant en parallèle, paragraphe par paragraphe, la traduction chez NéO (recueil "Ubbo-Sathla"), la traduction chez Mnémos (recueil "Autres Mondes"), la tienne et la version originale. Je me lirai ça tranquillement demain.

Réponse postée le lun. 09 avril 2018 à 14H09 (Editée par SeventhSon le lun. 09 avril 2018 à 18H47) #4747
SeventhSon Membre Avatar SeventhSon

Dans ce cas, je te précise que j'ai fait deux/trois retouches mineures, et je pense avoir corrigé les dernières fautes, j'ai actualisé sur le site.

Et puis, je ferai peut-être un ou deux autres changements mineurs, là je traduis quelques textes que je n'ai pas pour moi-même, et pouvoir montrer ce que ça donne, le but n'est pas d'être publié pour l'instant. Et si je tentais un jour, j'irais jusqu'à demander un avis de spécialistes pour ce qui me pose un léger doute. D'ailleurs, j'avoue que ça me donne envie de tenter plus tard, mais j'aurais sans doute plus de chances si les textes sont dans le domaine public. Quand je vois que tous les textes de Howard ne le sont pas encore, je crains que ce soit la même chose et compliqué.

Evidemment j'adapte quand même un minimum lorsque ça ne donne rien en français. I tell thee the tale -> "je te fais ce récit"/"je te délivre ce récit"/"je te fais don de ce récit", ce n'est qu'un exemple de choix verbal qui convient bien au texte, pas ce que j'appelle une infidélité regrettable.

De même, il y a quelques mots qui n'ont visiblement pas d'exact équivalent français, comme ce "gier-eagle" qui vient de la Bible (j'ai préféré un simple "vautour" comme dans certaines de nos traductions). Ou encore le "domed" with storm (j'ai mis un "surmonté" comme pourrait le faire un dôme).

Visiblement je n'ai pas de traductions de Xavier Perret, j'ignore ce que valaient ses versions du coup.

Réponse postée le lun. 09 avril 2018 à 22H40 (Editée par Patrice Louinet le lun. 09 avril 2018 à 22H41) #4749
Patrice Louinet Administrateur Avatar Patrice Louinet

Je n'ai absolument pas le temps en ce moment de lire et comparer les versions, mais je tiens à dire que j'admire la démarche, SeventhSon. Critiquer en argumentant et en s'exposant à être critiqué par derrière en livrant sa propre trad., c'est une démarche profondément honnête. Bravo!

Réponse postée le mar. 10 avril 2018 à 20H03 (Editée par SeventhSon le mar. 10 avril 2018 à 20H34) #4750
SeventhSon Membre Avatar SeventhSon

Tout en étant passé à autre chose, une autre lecture de la VO m'a fait rétablir quelques nuances (runes pas colonnes ithyphalliques, maintes condoléances, j'ai remédié à ce "sombre" et "s'assombrissait" rapprochés, ce genre de choses)... Jusqu'à rétablir certains points-virgules : si certains font louche en français, généralement ils contribuent au style incantatoire... Sachant que je vise une rare fidélité. Des choix généraux qui s'affirment et habitudes qui entrent, prendre conscience de ces moindres détails va m'aider à gagner du temps les prochaines fois.

Cela dit, j'ai préféré enlever le texte à cause de questions qu'on me pose sur le site. Ce n'est pas bien grave, je posterai un aperçu de mes propres textes un jour ou l'autre ce sera aussi bien. Du coup, si un jour tu veux tester une ou deux de mes traductions Patrice, je t'enverrai volontiers ça en privé.

Réponse postée le sam. 14 avril 2018 à 01H17 (Editée par Argentium Thri'ile le sam. 14 avril 2018 à 01H30) #4766
Argentium Thri'ile Webmaster Avatar Argentium Thri'ile

Puisque je suis parvenu à récupérer ta traduction à temps et que j'ai passé pas mal de temps à comparer les trois traductions dont j'avais la disposition, phrase par phrase, je vais tout de même commenter.

Avant toute chose, je voudrais souligner que tu n'as vraiment pas choisi la facilité
Traduire du Clark Ashton Smith n'est déjà en soi pas une mince affaire. Mais en plus, tu t'es lancé dans la traduction d'un poème ce qui, même s'il est en prose et relativement court, reste l'un des exercices les plus difficiles qui soit.
Et à ce titre, justement, tu t'en tires vraiment trés bien et je tiens à te féliciter.

La comparaison m'a cependant conforté dans un certain nombre d'idées que j'avais sur la traduction.

"Traduire, c'est trahir" m'a dit un jour quelqu'un. Le travail d'un traducteur c'est d'avoir une conscience aïgue des spécificité des deux langues entre lesquels il va bâtir un pont et de rendre du mieux possible le passage de l'une à l'autre agréable à la lecture, quitte à prendre quelques libertés avec le texte original. Cela implique donc des connaissances, mais surtout des choix et des parti pris. En ce sens, le traducteur devient à son tour un peu auteur. Un bon traducteur, c'est déjà quelqu'un qui a un bon style d'écriture.
Qui plus est, une traduction a une certaine forme de durée de vie car le langage évolue avec le temps et une tournure de phrase naturelle à une époque donnée va devenir étrange, ringarde ou archaïque quelques années plus tard.
Tout cela fait donc que, la traduction parfaite n'existe pas, et encore moins dans le temps. Le lecteur, en fonction de ses goûts et inclinaisons va être d'accord avec les décisions et le style du traducteur, de la même manière qu'il sera d'accord avec les choix et l'écriture d'un auteur.

Partant de là, les trois traductions comparées de ce texte ont chacune des défauts et des qualités et font pratiquement jeu égal. Pour une phrase donnée, et même pour un segment entre deux virgules, j'aurai tendance à trouver tantôt l'une, tantôt l'autre des traductions meilleure que les autres. Dans certains rares cas, j'aurai même proposé une quatrième traduction qui me semble mieux convenir. Toutefois, quand bien même je sélectionnerai le meilleur de chacune des trois traductions pour établir une version qui se rapprocherait à mes yeux de la perfection, un autre lecteur pourrait trouver le résultat discutable.
Par ailleurs, dans la précédente discussion que nous avons eu, tu as qualifié la traduction proposée dans l'intégrale Mnémos de Clark Ashton Smith de "m*rdique" (je cite), trouvant qu'elle "passe vite d'inférieure à sans intérêt" (je cite). Tu ajoutes que "la meilleure façon de pouvoir s'en rendre compte, outre la VO, c'est de posséder les traductions précédentes" (je cite). Personnellement, je trouve que la traduction disponible dans le recueil chez NéO est, de très peu, la moins bonne des trois. Comme quoi...

Plus spécifiquement, quant à ton travail, je ne vais pas m'employer à rentrer dans le détail, ce qui n'aurait probablement pour seul résultat que de générer une longue et stérie discussion où personne n'aurait franchement raison pour les raisons ci-dessus évoquées. Comme je l'ai dit, il est de qualité.
Le seul défaut que je peux y trouver, et j'en parle d'autant plus volontier que c'en est un que l'on peut retrouver dans les quelques travaux de traduction que j'ai pu moi-même effectuer, c'est que tu restes parfois trop près du texte initial, presque trop littéral, ce qui aboutit à des formulations qui peuvent sembler peu naturelles. C'est là que le métier du traducteur est de sentir le moment où il faut "trahir" le texte original afin de proposer une formulation fluide et naturelle tout en respectant l'esprit, l'intention de l'auteur traduit.

Pour conclure, je voudrai aussi attirer ton attention sur un détail qui a une énorme importance. Les conditions dans lesquelles tu t'es confronté au texte de Smith sont très différentes de celles des deux autres traducteurs en ce sens que tu n'as eu aucune contrainte.
Tu as eu le temps que tu voulais pour travailler et tu n'as travaillé - pour l'instant - que sur un seul texte. Un traducteur professionnel, vis à vis de l'éditeur, a un calendrier à respecter et doit donc s'imposer un rythme soutenu sur une durée très longue.
Pour prendre mon cas personnel, à une époque, pour mieux comprendre l’œuvre de Howard, je me suis "amusé" à traduire un bon nombre de nouvelles restées non publiées en France. Au bout d'un certain nombre de pages, malgré le plaisir que j'avais à me confronter aux textes de mon auteur préféré, j'en pouvais plus et la qualité de mon travail s'en ressentait grandement. Il me fallait donc m'interrompre et passer à autre chose pendant un certain temps avant de pouvoir reprendre dans les meilleurs conditions mon travail. Par ailleurs, confronté à des difficultés ou des doutes, il m'a parfois fallu prendre le temps de réfléchir, éventuellement de discuter ou de me documenter. Tout ça, un traducteur professionnel, il ne peut pas se le permettre.
J'ai vu des critiques du travail de traduction de François Truchaud, parfois assez violentes, mais pas toujours injustifiées. Rappelons toutefois que celui-ci, pendant plusieurs années, proposait un recueil d'écrits Howardiens tous les deux mois ! Au milieu desquels se trouvaient aussi les traductions d'autres auteurs et d'autres domaines dans lesquels il a travaillé, notamment la BD.
Mais encore, entre le moment où tu as posté ton texte et le moment où je l'ai récupéré, tu indique que tu as fait des modifications. Entre le moment où j'ai récupéré ton texte et le moment où j'écris ces lignes, tu précises que tu as encore apporté des modifications. Là encore, un traducteur professionnel n'en a pas le loisir. Une fois que la maquette est bouclée, c'est compliqué de revenir en arrière. Plus encore lorsque c'est imprimé...

Au final, donc, pour la qualité de l'édition et pour la qualité d'ensemble de la traduction proposée, l'intégrale Clark Ahston Smith de Mnémos reste à mes yeux une très bonne édition. Je te conserve bien entendu le droit de penser le contraire.
A mes yeux, tu as uniquement démontré qu'une autre traduction, une autre interprétation, était possible. Et je souhaite pouvoir te lire dans tes prochains efforts dans le domaine.

Réponse postée le dim. 15 avril 2018 à 20H49 (Editée par SeventhSon le dim. 15 avril 2018 à 21H57) #4771
SeventhSon Membre Avatar SeventhSon

Argentium : Merci d'avoir joué le jeu, et à tout le moins de considérer mes arguments. Je ne serais vraiment pas d'accord avec ta conclusion globale, mais je vais reprendre point par point.


"Avant toute chose, je voudrais souligner que tu n'as vraiment pas choisi la facilité
Traduire du Clark Ashton Smith n'est déjà en soi pas une mince affaire. Mais en plus, tu t'es lancé dans la traduction d'un poème ce qui, même s'il est en prose et relativement court, reste l'un des exercices les plus difficiles qui soit.
Et à ce titre, justement, tu t'en tires vraiment trés bien et je tiens à te féliciter."

Il ne s'agit pas d'un poème en prose pour moi, bien que certains continuent à le prendre pour tel. Dans tous les cas, le style est le même que dans les autres textes des grands cycles de Smith, donc rien de vraiment plus compliqué (alors que les poèmes en prose traduits par Philippe Gindre, semblent demander un autre effort d'adaptation pour que la VF approche d'un idéal). Mais, je te dirai encore que Smith n'est pas si difficile à traduire, dès lors qu'on connaît sa langue, le genre de langue qui est assez "codée". Pour avoir lu plusieurs fois ces anciennes traductions de Smith (et récemment, ce qui n'était visiblement pas le cas des nouveaux "traducteurs"), je considère donc que la difficulté est très relative : je tends à connaître les synonymes à ma disposition, la langue, le vocabulaire qui colle à l'auteur, etc.

""Traduire, c'est trahir" m'a dit un jour quelqu'un. Le travail d'un traducteur c'est d'avoir une conscience aïgue des spécificité des deux langues entre lesquels il va bâtir un pont et de rendre du mieux possible le passage de l'une à l'autre agréable à la lecture, quitte à prendre quelques libertés avec le texte original. Cela implique donc des connaissances, mais surtout des choix et des parti pris. En ce sens, le traducteur devient à son tour un peu auteur. Un bon traducteur, c'est déjà quelqu'un qui a un bon style d'écriture."
Traduire, c'est trahir. Il y a du vrai là-dedans, même si on ne peut pas suivre cette formulation trop strictement : une bonne partie du but, c'est quand même de donner la version la plus fidèle possible. Et pas seulement au sens, et avec le mot à mot on s'éloigne. C'est un équilibre à trouver, et il faut savoir quand adapter ça c'est sûr. Mais je suis d'accord avec toi sur ces idées.

"Qui plus est, une traduction a une certaine forme de durée de vie car le langage évolue avec le temps et une tournure de phrase naturelle à une époque donnée va devenir étrange, ringarde ou archaïque quelques années plus tard.
Tout cela fait donc que, la traduction parfaite n'existe pas, et encore moins dans le temps. Le lecteur, en fonction de ses goûts et inclinaisons va être d'accord avec les décisions et le style du traducteur, de la même manière qu'il sera d'accord avec les choix et l'écriture d'un auteur."

La traduction parfaite n'existe pas, mais le but est bien de s'en rapprocher. Et si LA traduction n'existe pas, c'est aussi parce que certains passages demandent forcément un début d'interprétation, de prendre un chemin plutôt qu'un autre, alors que plusieurs chemins peuvent se valoir. Dans mon cas, je considère qu'une traduction ne vieillit pas nécessairement plus qu'un texte original, je considère même qu'une excellente traduction (peut-être pas toutes, certes), a toutes les chances de ne pas vieillir autrement que si c'était un texte original. Là-dessus, je rejoins l'auteur de cet article :
https://journals.openedition.org/palimpsestes/596
Je cite : Celle de Coeuroy est remarquable car le génie de ce traducteur est de ne pas être tombé dans le piège de la prise de sens contextuelle, et d'avoir su y échapper grâce à une certaine littéralité lexicale et stylistique, malgré tout « cibliste » et seule garante d'une restitution de bon aloi, une reconstruction qui ne sacrifie pas à des modes et ne risque donc pas de vieillir.

Tu dis que le lecteur sera d'accord ou non avec les décisions et style du traducteur : moi je ne suis pas d'accord, je répète que les deux derniers traducteurs (à tout le moins) ne vont ni dans le sens, ni dans le style, et je réexpliquerai plus bas pourquoi le style est objectivement mauvais à mon sens.

"Le seul défaut que je peux y trouver, et j'en parle d'autant plus volontier que c'en est un que l'on peut retrouver dans les quelques travaux de traduction que j'ai pu moi-même effectuer, c'est que tu restes parfois trop près du texte initial, presque trop littéral, ce qui aboutit à des formulations qui peuvent sembler peu naturelles. C'est là que le métier du traducteur est de sentir le moment où il faut "trahir" le texte original afin de proposer une formulation fluide et naturelle tout en respectant l'esprit, l'intention de l'auteur traduit."
Je ne suis pas d'accord pour dire que je reste trop près du texte original. Après, il y a peut-être un choix ou deux que je voudrais bien remettre en question (j'ai dit pourquoi j'avais choisi ce "surmonté par la tempête" par exemple, et c'est en effet ce que je vois de mieux au vu des circonstances). Mais non, je ne suis pas d'accord pour dire que je reste trop près de l'original, tout en réitérant que l'autre version s'éloigne inutilement du texte (mais, tu peux essayer de me montrer en quoi les quelques exemples que j'avais cités, apportent une quelconque amélioration).

"Pour conclure, je voudrai aussi attirer ton attention sur un détail qui a une énorme importance. Les conditions dans lesquelles tu t'es confronté au texte de Smith sont très différentes de celles des deux autres traducteurs en ce sens que tu n'as eu aucune contrainte.
Tu as eu le temps que tu voulais pour travailler et tu n'as travaillé - pour l'instant - que sur un seul texte. Un traducteur professionnel, vis à vis de l'éditeur, a un calendrier à respecter et doit donc s'imposer un rythme soutenu sur une durée très longue.
Pour prendre mon cas personnel, à une époque, pour mieux comprendre l’œuvre de Howard, je me suis "amusé" à traduire un bon nombre de nouvelles restées non publiées en France. Au bout d'un certain nombre de pages, malgré le plaisir que j'avais à me confronter aux textes de mon auteur préféré, j'en pouvais plus et la qualité de mon travail s'en ressentait grandement. Il me fallait donc m'interrompre et passer à autre chose pendant un certain temps avant de pouvoir reprendre dans les meilleurs conditions mon travail. Par ailleurs, confronté à des difficultés ou des doutes, il m'a parfois fallu prendre le temps de réfléchir, éventuellement de discuter ou de me documenter. Tout ça, un traducteur professionnel, il ne peut pas se le permettre.
J'ai vu des critiques du travail de traduction de François Truchaud, parfois assez violentes, mais pas toujours injustifiées. Rappelons toutefois que celui-ci, pendant plusieurs années, proposait un recueil d'écrits Howardiens tous les deux mois ! Au milieu desquels se trouvaient aussi les traductions d'autres auteurs et d'autres domaines dans lesquels il a travaillé, notamment la BD.
Mais encore, entre le moment où tu as posté ton texte et le moment où je l'ai récupéré, tu indique que tu as fait des modifications. Entre le moment où j'ai récupéré ton texte et le moment où j'écris ces lignes, tu précises que tu as encore apporté des modifications. Là encore, un traducteur professionnel n'en a pas le loisir. Une fois que la maquette est bouclée, c'est compliqué de revenir en arrière. Plus encore lorsque c'est imprimé..."

Oui, j'avais tout mon temps, quand bien même ce n'est qu'une heure par-ci par-là. Et j'ai continué à effectuer des modifications mineures, mais ça je l'ai dit, c'est aussi parce que je n'ai pas l'habitude de traduire (bien plus d'écrire), que j'y suis allé un peu vite, n'ai pas maintenu mon attention sur certains points lors de ma première lecture/version, or ces habitudes, il est aussi évident qu'elles s'acquièrent. Mais finalement, j'aurais pu finir ce texte à peu près dans une journée complète de travail. Du coup, ces traducteurs avaient le temps en six mois, largement le temps, surtout que celui qui s'en sort le mieux, avait presque deux fois plus de boulot que les autres! Et je le rappelle, c'est quand même à l'éditeur et aux concernés de faire en sorte que le boulot soit bon, quitte à prendre un peu plus de temps : vu les finances derrière, ils avaient ce temps. J'en conclue donc qu'on ne peut pas se baser sur ton argument pour excuser une différence de qualité.

"Partant de là, les trois traductions comparées de ce texte ont chacune des défauts et des qualités et font pratiquement jeu égal. Pour une phrase donnée, et même pour un segment entre deux virgules, j'aurai tendance à trouver tantôt l'une, tantôt l'autre des traductions meilleure que les autres. Dans certains rares cas, j'aurai même proposé une quatrième traduction qui me semble mieux convenir. Toutefois, quand bien même je sélectionnerai le meilleur de chacune des trois traductions pour établir une version qui se rapprocherait à mes yeux de la perfection, un autre lecteur pourrait trouver le résultat discutable.
Par ailleurs, dans la précédente discussion que nous avons eu, tu as qualifié la traduction proposée dans l'intégrale Mnémos de Clark Ashton Smith de "m*rdique" (je cite), trouvant qu'elle "passe vite d'inférieure à sans intérêt" (je cite). Tu ajoutes que "la meilleure façon de pouvoir s'en rendre compte, outre la VO, c'est de posséder les traductions précédentes" (je cite). Personnellement, je trouve que la traduction disponible dans le recueil chez NéO est, de très peu, la moins bonne des trois. Comme quoi..."

"Au final, donc, pour la qualité de l'édition et pour la qualité d'ensemble de la traduction proposée, l'intégrale Clark Ahston Smith de Mnémos reste à mes yeux une très bonne édition. Je te conserve bien entendu le droit de penser le contraire.
A mes yeux, tu as uniquement démontré qu'une autre traduction, une autre interprétation, était possible. Et je souhaite pouvoir te lire dans tes prochains efforts dans le domaine."

Mais, c'est là que le bât blesse dans ton argumentaire. Il y a un aspect qui semble t'échapper, tu ne glisses pas le moindre mot là-dessus... Alors que c'est au centre de mon discours! Encore une fois, je ne sais pas ce que tu as des anciennes traductions (il m'avait semblé lire que tu n'en avais pas, et maintenant à tout le moins un titre). Et encore une fois, je ne sais pas comment se débrouillait le premier traducteur de ce texte, même si j'imaginais que le résultat s'approchait de ce que faisaient les autres.

Moi, je me base sur "Zothique", ainsi que "L'empire des nécromants", deux livres entiers écrits dans ce même style, et quelques textes encore à part. Ce qui fait un peu plus de 500 pages, 2/3 des nouvelles de Smith qui sont dans son style signature incantatoire. Mon texte reprend donc la langue qui avait cours dans ces anciennes traductions... Tandis que ce n'est pas le cas des nouvelles versions de Mnémos, qui utilisent partout des éléments de langage que les anciens traducteurs ne se seraient pas permis (dans ces 2/3 dans tous les cas), et pour moi c'est évident, qui traduisent un peu comme s'il s'agissait de n'importe quel texte. Or, pour moi ça ne correspond pas, ça ne convient pas au style poétique et incantatoire de Smith (de la prose poétique tout court, ça ne se traduit déjà pas avec n'importe quelle langue/lexique).

Tant que tu ne rends pas compte de cette différence de langue, tu ne risques pas de me comprendre, car c'est bien plus que du détail pour un œil aiguisé, et ça contribue largement à rendre les Mnémos largement inférieures, voire, je le répète, sans intérêt pour moi.

Réponse postée le lun. 16 avril 2018 à 21H04 #4773
Fernando V Membre Avatar Fernando V

Un merci pour Seventhson et sa traduction.
Et un autre pour Argentium Thri'ile et sa critique.

Comme indiqué à plusieurs reprises sur ce site, on peut trouver pour un même texte en vo plusieurs traductions qu'on est libre d'apprécier ou pas.

A mon grand regret, je n'ai pas suivi d'études littéraires, je ne suis pas angliciste et encore moins traducteur.
Donc pour la suite des traductions des œuvres complètes de HPL, CAS, REH ... il ne faudra pas trop compter sur moi.
Néanmoins, je comprends les difficultés de la traduction: la difficulté de traduire sans trahir, la difficulté de traduire de la poésie en vers, ...

Du coup, je souhaitai apporter ma modeste contribution.
Au lycée, on avait parlé de Poe, de son poème le corbeau et de la traduction de Baudelaire et Mallarmé.
En cherchant j'ai trouvé un étudiant qui a fait une petite thèse de maitrise sur ce poème. Voici le lien : ici

Bonne Lecture

"P.S. I took the liberty of writing this letter on the typewriter as indeed, I do all my correspondence; I write such an abominable hand, I can scarcely read it myself." - R.E.H. to H.P.L, July 1,1930

Réponse postée le mar. 17 avril 2018 à 17H03 (Editée par SeventhSon le mar. 17 avril 2018 à 23H24) #4777
SeventhSon Membre Avatar SeventhSon

Fernando V, je lirai plus en détail. Bien que vraisemblablement, la version de l'auteur de cette étude ne sera pas celle que je préfère, et qu'il tombe à tout le moins de mon point de vue, dans un défaut qu'il reprochait à d'autres, à savoir certains choix de lexique à moindre valeur poétique.

Si pour la prose, je trouve que les traducteurs tendent à s'écarter inutilement de l'original (de manière générale, ce qui n'empêche pas de manquer de recul autre part, ce même dans un même texte), pour les vers, je considère qu'on est obligé de prendre un peu plus de libertés (le moins possible toujours et quand même, et en respectant l'essentiel), si on veut que ça donne quelque chose d'agréable en français. Or si la valeur poétique n'est pas suffisante, ça a peu de valeur tout court, autant ne rien faire à mes yeux, ne rien lire ou s'arrêter à l'original (bon, c'est un discours que j'ai déjà vu chez un traducteur, ça ne m'empêche pas de trouver son travail pas si excitant). Je dirais même que l'utilité tout court de traduire des vers se pose, vu le travail d'adaptation que ça suppose souvent.

Les quelques vers au milieu d'une fiction étant une autre histoire, là ça me paraît déjà plus naturel de coller au plus près. Des vers "bof" à lire sur tout un volume, l'ennui se fait peu attendre.

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